Arrêtons avec l’avenir de nos enfants ?

Ce vendredi 6 juillet m’a posé problème. Ce jour-là, nous avons fête ou pleuré les résultats du bac et commémoré la disparition de Louis Armstrong. Aucun rapport me dit-on. Et pourtant, en moi, le futur papa trouve rapidement le lien. Le bac, c’est la porte ouverte à un avenir professionnel qu’on imagine prometteur. Louis Armstrong, c’est la carrière la plus fulgurante et la plus généreuse dont on puisse rêver.

Et je me prends à imaginer notre enfant attendre fébrilement les résultats du bac un matin frais de juillet 2030 au pied de l’écran tactile installé à l’entrée du lycée. Je le distingue également en tenue de gala, le sourire éclatant, en communion avec le public. Comme Louis Armstrong. Quelle belle vie.

Aïe, arrête. Je n’ai jamais voulu être gentiment déposé dans une petite case de laquelle je ne pourrais plus m’extirper. Et je me prends à imaginer l’avenir de notre enfant ? Cela me semble d’autant plus ridicule que je me ficherais éperdumment qu’il obtienne le bac ou devienne trompettiste, s’il est heureux. Bien entendu, je tiens à ce que notre enfant détermine lui-même le sens qu’il souhaite donner à sa vie à partir des repères que sa famille et la société lui offrent. Pourtant, je ne peux m’empêcher de l’imaginer plus tard, une fois adulte. J’ai besoin de nous projeter dans l’avenir, je le reconnais… Et dire qu’il n’est même pas encore né.

Voilà ma question exisxtentielle : comment préserver l’avenir de son enfant sans l’étouffer avec ses propres rêves de parents ?

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27 réflexions sur “Arrêtons avec l’avenir de nos enfants ?

  1. Je comprend tout à fait cette question existentielle. Je me dis que mon enfant doit avoir une ligne de conduite que j’espère on lui transmettra comme il faut. J’ai des envies pour mon fils je veux lui donner les moyens de faire ce qu’il aime. Après c’est selon notre parcours personnel forcément il y aura toujours un moment on le guidera pour avoir un bel avenir. Par exemple au niveau sport avec le papa, on s’est déjà dit qu’il ferait du football qu’on l’inscrirait dans un club mais peut être que mon fils ne voudra pas et faire autre chose. Mais nous sommes bloqués sur cette idée pour le moment.
    Après si l’enfant n’ose pas dire ce qu’on imagine pour lui ne lui plaît pas alors la ça peut être compliqué.
    Quand il était dans mon ventre forcément que je me projetai déjà aussi sur son avenir ce que je voulais pour lui. J’espère faire au mieux sans imposer mes envies ça ne va pas être simple je crois.

    • Tu as donc partagé les mêmes interrogations au cours de ta grossesse, voilà qui me rassure.
      J’aime beaucoup l’expression « ligne de conduite » que tu utilises : dérouler un fil qu’on attache aux arbres pour guider l’enfant. Libre à lui de contourner chaque arbre comme il l’entend -en continuant le football par exemple ou en arrêtant – jusqu’à la prichaine étape !

      • Oui alors forcément il y aura des limites à ne pas dépasser. Mais au fond il fera ce qu’il le rendra heureux. On ne fait pas un enfant pour le garder à soi mais l’aider et le guider au mieux dans la vie.

    • Tu as donc partagé les mêmes questionnements lors de ta grossesse, voilà qui rassure.
      J’aime beaucoup l’expression « ligne de conduite » que tu utilises. Comme un fil qu’on déroule pour guider son enfant. Libre à elle/lui, de le suivre comme il l’entend, de s’écarter et revenir. Continuer le football ou arrêter.
      Comme tu dis, ça ne vas pas être simple !

  2. C’est normal de vouloir le meilleur, l’inverse serait inquiétant? 😉
    Quoi que tu fasses, tu le feras pour son bien-être et son bonheur, c’est le plus important!

  3. Nous, on les a tous rêvés sur un optimiste, une planche à voile. Enfin sur l’eau, quoi!!!
    Eh oui. Notre fils est sur l’eau. Tous les jours. Mais elle ne bouge pas cette eau. Elle est figée, gelée. Et il marche sur cette eau, y danse, y saute, y pirouette enfin bref, il patine.
    Et voilà même que le bac il ne passera pas pour mieux patiner danser cirquer.
    Nous ne l’avions pas rêvé comme ça mais il nous fait rêver. ( ses soeurs aussi d’ailleurs!!!)
    Ils font leur job d’enfants: être épanouis et nous, notre job de parents: les aider à s’épanouir.

    • Très chouette histoire d’un élément -l’eau- à l’autre -la glace pour un bel accomplissement. Compte-il devenir patineur professionnel (chouette !) ?J’aime beaucoup cette définition du job d’enfant et du job de parent !

      • Oui. C’est sa vie de patiner, il vise des spectacles en plus des compétitions pour faire rêver son public en plus de ses parents. Il est visible sur you tube et je peux vous donner son nom en privé.

      • Faire rêver, quelle joie !
        Ce serait un immense plaisir pour moi de voir ces vidéos.Vous pouvez me contacter à l’adresse suivante : voilapapa(at)gmail.com A très bientôt

  4. Je suis une mère atypique, et j’ai horreur de jouer les voyantes, même pour mes loulous qui ont déjà 9 et 12 ans(à fortiori quand ils n’étais que des enfants en devenir) je suis incapable de voir quels sports, quels études ils feront dans 10 ans. Au mieux je sais maintenant ce qu’il ne feront pas: fiston ne deviendra jamais pilote par exemple à cause d’une trop mauvaise vision impossible à bien corriger (et oui c’est possible). Ils ne deviendront pas non plus gymnaste par exemple.
    Par contre il y a une chose essentiel que je voulais absolument leur transmettre même quand il n’étaient que des habitants de mon ventre, c’est l’humour et la joie de vivre et ça nous y sommes parvenu sans que cela ne semble venir contrarier leur nature profonde.

    • C’est chouette d’avoir voulu transmettre de la joie de vivre.. et d’y être parvenue ! Réussir à transmettre un état d’esprit, une manière de regarder la vie, c’est peut-être ce que les parents peuvent transmettre. Libre aux enfants d’interpréter les choses concrètement ensuite comme ils le désirent.

  5. J’ai, comme beaucoup de parents, imaginé ce que serait plus tard mon enfant… la chose la plus immédiate fut de l’imaginer physiquement déjà (!!!), et ça n’a rien eu à voir avec la réalité!!!! (je voulais une brune aux yeux marrons, et paf, une blonde aux yeux bleus…)… pour leur avenir, j’ai jamais trop fait de projets… je l’avoue… j’ai davantage tenté de réussir leur vie affective que leur vie scolaire… j’avais peur d’être défaillante, de reproduire un schéma familial compliqué, comme le mien… ma peur de maman a toujours été de craindre qu’une de mes filles me reproche mon manque de présence, d’amour, d’écoute… c’est devenu presque une obsession. Puis la vie a fait le reste, cassant notre vie bien tracée… remettant les pendules à l’heure avec une naissance compliquée suivie de séquelles… ma fille aînée a obtenu son bac L vendredi dernier, et j’étais avec elle, devant le lycée… un peu en retrait pour la laisser découvrir ça seule… j’ai eu beaucoup d’émotion. Pas de larmes, bizaremment… mais comme un grand bonheur en moi, pour elle, car je la connais, elle aurait été très déçue… rien n’était tracé pour elle. Et rien ne l’est pour ses soeurs non plus… le mot d’ordre à la maison, c’est « on se sent bien dans sa peau, on est heureux »… le reste, c’est secondaire….

    • Une brune aux yeux marron qui devient blonde aux yeux bleus : le pied de nez du destin ! Le seul trait physique que j’imagine aujourd’hui est qu’il/elle aura des cheveux (mais je n’en sais rien, on est d’accord ah ah).
      J’aime la manière dont tu as voulu appréhender les choses : réussir la vie affective avant la vie scolaire puisque, de toute manière, la 1ère a sûrement une incidence sur la seconde, mais pas sûr que la réciproque soit vraie.
      Comment pourrait-on reprocher une telle obsession à une mère 😉 Tu penses que c’est quelque chose qui t’a un peu bouffé – l’obsession de la crainte d’un manque d’amour – ou tu te dis que c’est bien normal pour une mère ?
      Bravo pour ta fille bachelière 🙂 C’est une sacrée étape ! En tant que parent, oui, j’imagine que tu dois être à la fois dans tes petits souliers et saisie d’émotion.
      Comme tu dis, « on se sent bien dans sa peau, on est heureux ». Le reste, ça peut attendre.

  6. Je pense que c’est bien normal pour une mère… d’aimer, sans limite, et de savoir l’exprimer surtout… Ca m’a joué des tours, ce besoin de rassurer mes enfants sur mes sentiments (ce serait long à expliquer et c’est pas l’endroit pour le faire, mais tout remonte à mon enfance, comme tu t’en doutes)… j’en suis devenue une mère poule…
    Mais on m’a souvent reproché d’en faire trop. D’être dans l’erreur… au début surtout, quand j’ai pris la décision de prendre un congé parental… de me mettre de côté… de me consacrer à elles trois (j’ai pris une dispo et je suis devenue nounou).. on me disait que je ne leur rendais pas service…
    Aujourd’hui, les choses se sont inversées. Je récolte ce que j’ai semé… (avec l’aide d’un mari aimant, d’un père formidable)…
    Ma deuxième fille, née trois mois avant, est dyspraxique et souffre d’un trouble du comportement léger (asperger)… on l’a su il y a deux ans (elle avait 14 ans). Enfin un verdict. Enfin une prise en charge par la MDPH… tous ceux et celles qui me taxaient d’en faire trop, persuadés que j’étais responsable de la maladresse de ma fille, et de son côté casanier et associal, ne disent plus rien… et j’ai réussi à surmonter ma culpabilité (je pensais vraiment que j’avais eu tout faux)… quand un médecin m’a dit il y a deux ans, alors qu’il prenait des gants pour m’annoncer que ma fille était « handicapée »(chose que j’avais toujours su), il a rajouté que personne n’avait pu le détecter avant, grâce au super boulot qu’on avait fait, mon mari et moi… que c’était bluffant, car notre fille faisait une scolarité normale, allait bien dans sa tête… il m’a dit aussi qu’on n’aimait jamais trop, que si elle allait aussi bien, c’était grâce à notre amour…
    Je ne sais pas si c’est une méthode miracle. Ce serait trop facile si il en existait une…. tout ce que je peux dire, c’est que j’ai toujours suivi ce que je ressentais au fond de moi… avant tout… j’ai avancé au jour le jour… et ça a marché…

    • J’imagine bien en effet les raisons qui t’ont poussée à vouloir tout donner, tout exprimer.
      Je reconnais que je ne connaissais pas la dyspraxie. J’ai cherché et maintenant, je me rends mieux compte. Ca a dû être une source de questionnements et de remises en doutes incessante… Surtout quand on ne trouve pas à qui parler. J’imagine le soulagement à écouter le verdict du médecin. Et quelle récompense pour une mère d’entendre qu’elle a fait tout ce qu’on peut attendre d’une mère aimante. Une vraie victoire. J’ai des difficultés à ressentir, formuler, ce que je ressens au fond de moi. Mais si ça marche vraiment – et j’ai pu aussi en recueillir la certitude dans d’autres domaines – alors je redoublerai d’efforts…

  7. Je pense que l’enfant sait nous dire ce qu’il souhaite (ou pas) et ce dés qu’il nait (c’est complétement fou, on me l’aurait dit avant, j’y aurais pas cru!) Donc, a priori, bien guidé par des parents aimants et à l’écoute, on devrait y arriver non?

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