Bébé ne fait plus son rototo

Hier, j’ai accompagné ma femme au cours de préparation  à l’accouchement. Les filles sont affalées chacune sur son matelas, moi calé au pied de celui de ma femme. Je ne fais pas le fier. On m’a dit que je pouvais venir, je suis venu. C’est l’unique raison. Autrement, sur le plan de la légitimité, je suis au niveau zéro, à la cave même. Et la sage-femme d’aborder le sujet du jour : l’allaitement. Les filles posent des questions, entrent dans l’échange. Je souffle et tente de me raccrocher aux branches. Et Voilapapa de se remémorer les éléments concrets que l’allaitement lui évoque. Comme dormir chez des amis et devoir aller au petit coin la nuit sans trouver l’interrupteur. On souffle et on rassemble ses idées avant de se lever. « Bon, je dois d’abord sortir de la chambre. La porte est à gauche derrière la petite étagère. J’arrive ensuite dans le salon. Là, je peux longer le canapé pour m’assurer de traverser la pièce dans la bonne direction et trouver la porte des toilettes ». On décide de se lever et là, horreur. La petite étagère est introuvable, le canapé a disparu. On a tout enlevé, les sens se perdent.

Voilà ce qui m’est arrivé hier au cours de préparation à l’accouchement. Je souffle et rassemble mes idées avant d’entrer dans la discussion. Je me souviens bien du rototo, c’est rigolo. Je me rappelle aussi goûter le lait sur la main pour en contrôler la température. Pour tenir le bébé lors de l’allaitement, je n’ai pas tellement d’idée mais je serai attentif à une chose : maintenir sa nuque. Et là horreur. Le bébé ne fait plus de rototo. La nouvelle m’abasourdit, me laisse groggy. Heureusement, je suis déjà couché. C’est bien fait, les cours de préparation à l’accouchement. Un à un, mes faibles repères s’autodétruisent. Chauffer le lait ? N’y pensez pas. Tenir la nuque ? Le nouveau-né a  déjà un réflexe de maintien. Et où sont passées les mamans qui donnent le biberon au nouveau-né ? Comme l’étrange sentiment que les années 1980 et 1990 sont une parenthèse dans l’histoire.

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26 réflexions sur “Bébé ne fait plus son rototo

  1. Je n’ai allaité aucune de mes filles… les mamans qui donnent le biberon, elles ont mon âge!!!!! Celui d’être mamie!!!!… mais bon, tous les petits bébés que j’ai gardé dernièrement ont eu le sein… l’allaitement est de retour, en force!!!!!

  2. Ma maman a eu trois filles, 3 ans d’écart entre la 1e et la 2e, 6 ans entre la 2e et la 3e. Pour moi (la 1e), on lui disait de me coucher sur le ventre, pour la 2e, il n’en était plus question, c’était sur le dos, et pour la 3e, je crois que ça dépendait du sens du vent 😉

    Autrement dit, tous les repères peuvent se trouver complètement bouleversés d’une naissance à l’autre ! C’est fou 🙂

  3. J’ai allaité au début.
    J’ai apprécié sincerement, pas mal du tout, pratique 😉 mais l’allaitement n’a duré que 2 mois.
    Et le jour de l’accouchement j’ai tout oublié des cours de préparation la galère.
    Ça ne m’a pas servi du tout, je ne savais plus comment souffler.
    La sage femme à appuyer sur mon ventre pour m’aider. Ça fait plus mal que l’expulsion du bébé.

    • Sinon jamais de problème de rototo pour Elliot que ce soit allaitement ou biberon c’était rapide. Donc aucun problème.

      • J’ai entendu parler de cette histoire de souffle. On verra si Voilamaman s’en rappelle. Autrement j’aurai en tête le fait que la sage-femme sur le ventre… c’est douloureux.

  4. Le rôt est effectivement plus rare au sein, mais il arrive à bb d’en faire de temps en temps. Nous on a aussi utilisé du lait maternel au biberon, et on l’a chauffé, mais pas au micro-ondes effectivement, juste au bain marie (chauffe biberon, seule utilité en fait). Et pour le maintien, certaines femmes allaitent allongées, donc, forcément 🙂

  5. Ah ben je n’ai pas eu la même version pour le rototo !!! Ma sage-femme nous a dit qu’avec le bib il était obligatoire et qu’en allaitant cela dépendait des bébés : Certains n’en ont pas besoin alors que d’autres oui… Bref, je crois que je te perds encore plus !!!

  6. Tu peux inclure les années 60-70 concernant l’alimentation. Ma grand-mère n’a donné que le bib et ma mère mal conseillé et mal soutenue ne m’a allaité qu’1 mois et 0 pour mes frères et soeur. Et c’était ainsi dans toute sa génération du coups entre toutes les grands-mère qui ont biberonné et toute les mamans d’aujourd’hui qui majoritairement ont toute abandonné l’allaitement au 2mois de bébé(quand elles l’ont allaité), tu trouveras forcément quelqu’un qui sait donné un bib. Pour l’allaitement, c’est nettement moins vrai.
    Pour le rototo du bébé allaité, effectivement selon la façon de téter de bébé, le moment de la journée et la production de la maman, il peut être hautement indispensable ou totalement inexistant.
    Par contre les points sur les quels on n’insiste pas assez surtout si le papa est là: son rôle dans un allaitement serein: il peut veiller à la position de la maman et lui amener un coussin sous le bras qui porte la téte et le haut du corps de bébé si elle allaite assise, lui amener une boisson chaude qu’elle sirotera durant la tété et dont tu peux tester la température(ce serait dommage que maman se brûle avec bébé au sein), veiller à distraire les personnes(amis, parents) qui pourraient être là au moment ou bébé réclame sa tétée. Au début on préfère parfois ne pas être le seule pôle d’attraction et ne pas être seule à soutenir la conversation) mais pour autant j’ai toujours eu horreur de m’isoler comme le font certaines: .

  7. Salut VoilàPapa. Les sages femmes n’ont pas LA vérité. Tu aurais entendu les rots (à ce niveau là c’est plus du rototo mignon) de ma fille après les tétées 😀 Mais il est vrai qu’il y a un discours hyper culpabilisant si tu n’allaites pas, en revanche si tu allaites, les gens te regardent avec des yeux ronds « quoi tu la nourris encore? » fun 🙂

    • Salut FoxyMama 🙂

      Le rot est donc possible dans certains cas..
      J’aime beaucoup ta dernière phrase, c’est exactement ça : il faut allaiter, mais on allaite toujours trop tard !

  8. Effectivement, les conseils changent d’une génération à l’autre… il y a eu des études, elles se contredisent selon qui les paie (par exemple, quand Procter&Gambles fait commander une étude pour dire à quel âge les tout-petits seraient prêts pour la propreté, ils auront soin de se baser sur des enfants qui portent des couches depuis leur naissance, et non sur des enfants dont les enfants pratiquent l’Hygiène Naturelle Infantile), ou selon qui les mène (des hommes prétendaient qu’il faut laisser pleurer les bébés et des femmes ont mené une étude qui conclue le contraire, lire l’article suivant : http://www.lllfrance.org/Autres-textes/SEPT-choses-que-les-parents-doivent-savoir-a-propos-des-pleurs-des-bebes.html), ou peut-être parce que la qualité de l’air a changé… sur l’allaitement, on peut dire que les années 60 ont vu le début du biberon, sa mise en valeur comme libération de la femme, ce qui a entraîné une grande perte des connaissances en matière d’allaitement au sein : quand ma grande sœur est née en 78, on faisait systématiquement faire des tétées-pesées, et on faisait compléter au biberon si la différence de poids n’était pas assez importante, et il fallait une tétée toutes les n heures… se prendre la tête pour rien en fait. Ma sœur ne digérait pas le complément (sans doute était-il de trop, elle s’était arrêtée parce qu’elle n’avait plus faim ?) et le vomissait dans les 5 minutes qui suivaient, ma mère s’est découragée. Aujourd’hui encore certains recommandent « pas plus de 10 (ou 15) minutes par sein, et laisser passer au moins 2h entre 2 tétées », le meilleur moyen pour faire foirer un allaitement. On retrouve quand même le côté naturel, dire que bébé a l’instinct de survie et qu’il tètera à sa faim. Il faut surtout se demander s’il pleure de faim ou s’il a seulement besoin de contact (commencer par un câlin, si ça ne suffit pas proposer le sein). Ensuite, bébé prend un rythme de tétées, modifié éventuellement par la chaleur (il aura soif), et par les pics de croissance.
    Et pour le rot, ça dépend des bébés, des tétines si c’est un biberon, ou du réflexe d’éjection de la mère, de la forme du sein… il faut observer bébé pendant et après, s’il a besoin d’un rot, et d’aide pour ça, on voit qu’il est gêné.
    Quant à la température, les biberons de lait en poudre que je donnais à mon fils étaient à température ambiante, ça lui convenait. Le lait tiré, par contre, je passais le biberon sous le robinet d’eau chaude, pour faire fondre la crème…
    En fait on nous donne des pistes, mais le principal est d’apprendre à se faire confiance et à faire confiance au bébé. D’ailleurs les conseils sur l’accouchement, c’est peut-être plus au papa de les retenir parce qu’effectivement avec la douleur et les hormones, la maman a tendance à tout oublier.

    • Je ne connaissais pas l’Hygiène Naturelle Infantile…
      Les résultats des études se contredisent et suivent l’orientation des intérêts… La réponse pour un parent est sûrement ailleurs, en effet. La confiance comme maître-mot, cela me convient tout à fait.
      Il est saisissant de voir à quel point les choses ont changé depuis la naissance de votre grande soeur. J’ai justement posé à la sage-femme la question de l’espacement des tétées, ou plutôt la question de savoir si les parents devaient espacer progressivement les tétées au fur et à mesure pour apprendre au bébé à faire ses nuits. Entendre qu’il n’y a plus d’intervalle régulier (comme en 78 !) a été une première surprise. Entendre que le bébé s’adaptera lui-même au fur et à mesure et que les parents n’ont pas à imposer des tétées plus espacées à été une plus grande surprise encore…

      • l’HNI comme disent ceux qui la pratiquent est très peu répandue en Europe et Amérique du Nord, et tend à se perdre quand les pays s’industrialisent, par exemple en Chine on voit de plus en plus les parents, comme leurs salaires augmentent, passer aux couches : ça demande moins d’attention… Comme le portage et le « maternage » (je préfère dire « parentage » puisque les papas s’y mettent et c’est tant mieux) reviennent au goût du jour, on commence à en parler mais je dois dire que, si on n’a pas eu à s’occuper d’un tout-petit étant ado ou jeune adulte, on a tellement d’autres choses à apprendre… J’en ai entendu parler alors que mon fils avait 4 mois, le temps d’y réfléchir, d’essayer, je n’y suis pas arrivée. Et je me suis dit qu’il vaudrait le coup de me renseigner davantage et d’essayer avec mon deuxième enfant. J’ai d’ailleurs de la chance car la nounou de mon fils l’a vue pratiquée sur son petit frère (11 ans d’écart), ses parents l’ayant aussi fait pour elle, et elle l’a donc fait sur son fils. Du coup, même si elle ne mettra pas un enfant gardé chez elle sans couche avant 18 mois, je sais que je pourrais lui demander conseils.
        Pour les intervalles entre les tétées, on m’a dit en sortant de la maternité par contre qu’il ne fallait pas laisser plus de 6h entre 2, puis à la PMI on m’a conseillé de passer à 4h en journée. J’aurais dû être un peu plus « rigoureuse » sur ce dernier point peut-être, car mon bébé avait tendance à dormir 6h d’affilée le matin, mais ne pas vouloir tellement dormir la nuit. C’était l’hiver, ce qui n’arrangeait rien je pense : tout le temps à la lumière électrique, difficile de lui faire distinguer le jour de la nuit. Je vous souhaite que ce soit plus facile…

      • Je réponds ici au commentaire ci-dessous à rpopos du HNI.
        L’HNI consiste donc à ne pas mettre de couches au bébé afin qu’il se régule seul.. Sans renseignements, ce doit en effet être un vaste défi !
        Je ne serai pas étonné non plus que ce sujet revienne à la mode.

    • En effet ça pourrait venir à la mode, s’il y a assez de « bruit » contre les couches lavables : tout ce qui est plus écolo est susceptible d’y venir, mais c’est quand même assez contraignant pour les parents : on n’est jamais à l’abri d’un accident, il faut donc être très zen et avoir des changes partout où on va. Sans compter que, s’il y a un rythme assez stable, l’alimentation joue toujours sur le transit…
      D’autre part, si la vessie grandit plus vite et que l’enfant apprend à se retenir un peu, on pourra considérer qu’il est « propre » au sens où on l’entend pour des enfants en couche à peu près au même âge, soit entre 18 mois et 2 ans (quoiqu’on voie de plus en plus d’enfants arriver à 3 ans et tout juste commencer le pot…)

      • Il s’agit en fait d’utiliser des couches à usage unique ? C’est déjà le cas, non ? (hors couches lavables justement)

  9. Quand un bébé a fini de téter, rien de tel qu’une épaule de papa ou maman pour regarder le monde qui l’entoure. Et si un rot doit sortir, il en profite..
    Pour l’allaitement, chez nous, ça a été de 5 mois et demi à 11 mois environ suivant les bébés. La première n’en voulait plus, elle tournait vivement la tête quand elle était au sein. Peut être que le numéro deux qui commençait à vivre en moi avait modifie la composition du lait.
    Les deux dernières ont eu droit exclusivement à la production maternelle et on congelait car j’ai repris très très très vite le travail.
    Le coté pratique est évident. Mais aussi le plaisir. Moment exquis quand il tète.

    • Le moment doit être exquis, oui, j’ai hâte.
      Votre expérience de la congélation est intéressante. Voilamaman devra également reprendre très rapidement le travail…

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