La guerre des bouchons

Au son ferme et cadencé du tambour, les deux corps d’armée progressent au pas vers le centre du tapis, s’observent, se toisent, bombent le torse. Et tombent lourdement sur les fesses, les jambes écartées. Deux tout petits corps d’armée, l’un à peine plus grand que l’autre. L’uniforme est magnifique, uni ici, rayé là. Une véritable guerre en dentelles sans dents.

La guerre, on ne la déclare qu’en cas d’ultime recours, quand on a abattu toutes ses cartes et pour sauver ce qu’on a de plus cher. Nos deux petits corps d’armée le savent bien. Mais qu’ont-ils à sauver ? Leur maison ? Non, l’assurance habitation, les dommages et intérêts, tout ça c’est un truc de parents. Leur liberté ? « Je pleure, on accourt »… Difficile de faire plus libre. Conquérir de nouveaux territoires mais pour quoi faire ? On est bien à la maison. L’appât du gain pourrait se résumer à une seule chose : tout mettre en bouche. Tout, tout, tout. L’esprit de conquête commence ici. Ensuite, c’est la guerre comme seuls les adultes savent la faire.

Trois jours durant, Voilabébé a partagé son espace vital avec Voilacopain de trois semaines son cadet. Heureux de tenter l’aventure, Voilamaman et Voilapapa appréhendaient un peu : et si ça se passait mal ? Et s’ils se déclaraient la guerre ? Il faut qu’ils se découvrent de manière progressive, fassent connaissance, s’apprivoisent. Il faut éviter toute jalousie. Si l’un est à bras, l’autre devra l’être aussi. Que nenni. Tout compter, c’est un truc d’adulte. La guerre aussi, c’est un truc d’adulte.

La guerre des bouchons

La guerre des bouchons

Pose-là deux bouchons. Conquérants, Voilacopain et Voilabébé vont-ils se ruer et chercher à constituer le plus gros amas d’armes jamais vu ici (soit deux bouchons). Non. Bonhommes, ils avancent, les yeux ronds, le sourire aussi. A chacun un bouchon, n’importe lequel. Aucune velléité de conquête, le champ de bataille n’est que chants de marmaille.

La guerre des boutons, c’était la guerre en plus petit. Il fallait quand même se mettre sur la tronche. La guerre des bouchons, ce sont les tout-petits qui ne savent pas faire la guerre. Il se contentent de se mettre un bouchon en bouche. Assis là dans leurs pyjamas sans boutons et bien que petits et ronds, ce ne sont vraiment pas des Napoléon.

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16 réflexions sur “La guerre des bouchons

    • Merci pour la plume^^ Les 2 étaient vraiment choux Pas 1 seconde de dispo, l’heure du bain chaude à gérer le premier soir : à 2 dans le bain, oui mais 1 seule table à langer à la sortie ! 1 enfant, tu penses encore à toi.. 2 c’est fini !! Mais quel bonheur ce baby week-end : musée, balade dans une animalerie, etc. Ils avaient les yeux ronds comme des billes.. et nous aussi : on découvrait, c’était super chouette !

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