Des nouvelles du séjour linguistique de Voilabébé

Nous marchions vite et nous n’aurions pas dû. Le vol avait du retard, plusieurs jours. Il a fallu patienter entre ces 4 murs couleur hall-d’aéroport. Les hôtesses étaient sympa. A son arrivée, elles lui ont attaché un petit badge autour du poignet avec son nom et son prénom, comme chez Air France pour les moins de 16 ans. Sauf l’âge, elles ont dit que ce n’était pas la peine de le préciser… Et puis, nous sommes rentrés et lui avons montré la maison, sa chambre mais pas les toilettes, je le reconnais.

Qui dit séjour linguistique dit apprentissage de la langue française. Où en est-on ? Voilabébé me ressemble quand, adolescent, je retrouvais tout content le soir ma famille anglaise de Canterbury. J’avais parlé anglais toute la journée. Tu parles, j’avais répété « sorry » à tout bout de champ, rien de plus, peut-être un « yes » m’avait-il échappé dans un moment d’inattention mais c’est tout. Et moi qui pensais avoir parlé anglais… Voilabébé et le français, c’est la même chose. Voilabébé répète  » ‘erci  » à tout bout de champ. On lui donne une Paille d’or, il remercie :  » ‘erci « . On lui reprend la Paille d’or, il remercie :  » ‘erci « . Et il est content, comme son père en Angleterre.

Voilabébé est content

Voilabébé est content

L’échange linguistique est une formule qui lui convient à merveille. Il n’a pas peur de parler, ah ça non, il n’a pas peur. On ne comprend rien… Excepté  » ‘erci » bien sûr. Et « bye » mais on n’est pas en Angleterre.

Nous aussi, on lui parle. Parfois, il comprend qu’on l’appelle prendre le bain. Et parfois non. Il reste là, les yeux grand ouverts, la bouche aussi, il attend un indice, un geste de notre part qui indiquerait une direction pour partir aussitôt et donner le change. L’impression d’avoir un Estonien à la maison. Mais on nous a dit qu’il n’était pas Estonien. On ne sait pas grand-chose de son pays d’origine. Voilamaman pense avoir une vague idée sur la question, moi pas. Par un jeu subtil de déduction, j’ai compris que, là d’où il vient, on n’utilise ni la fourchette ni la chaise percée. Ce ne doit pas être l’Angleterre…