Arrêtons avec l’avenir de nos enfants ?

Ce vendredi 6 juillet m’a posé problème. Ce jour-là, nous avons fête ou pleuré les résultats du bac et commémoré la disparition de Louis Armstrong. Aucun rapport me dit-on. Et pourtant, en moi, le futur papa trouve rapidement le lien. Le bac, c’est la porte ouverte à un avenir professionnel qu’on imagine prometteur. Louis Armstrong, c’est la carrière la plus fulgurante et la plus généreuse dont on puisse rêver.

Et je me prends à imaginer notre enfant attendre fébrilement les résultats du bac un matin frais de juillet 2030 au pied de l’écran tactile installé à l’entrée du lycée. Je le distingue également en tenue de gala, le sourire éclatant, en communion avec le public. Comme Louis Armstrong. Quelle belle vie.

Aïe, arrête. Je n’ai jamais voulu être gentiment déposé dans une petite case de laquelle je ne pourrais plus m’extirper. Et je me prends à imaginer l’avenir de notre enfant ? Cela me semble d’autant plus ridicule que je me ficherais éperdumment qu’il obtienne le bac ou devienne trompettiste, s’il est heureux. Bien entendu, je tiens à ce que notre enfant détermine lui-même le sens qu’il souhaite donner à sa vie à partir des repères que sa famille et la société lui offrent. Pourtant, je ne peux m’empêcher de l’imaginer plus tard, une fois adulte. J’ai besoin de nous projeter dans l’avenir, je le reconnais… Et dire qu’il n’est même pas encore né.

Voilà ma question exisxtentielle : comment préserver l’avenir de son enfant sans l’étouffer avec ses propres rêves de parents ?

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