9 mois vus par le papa

Ma parole, vous ne connaissez pas Parole de Mamans ? Un chouette magazine pour les mamans, et même un véritable réseau social. Parole de Mamans est d’autant plus sympa que les papas y trouvent également leur place.

Parole de Mamans m’a proposé de décrire les 9 mois de grossesse à partir du point de vue d’un papa. J’ai dû rassembler mes souvenirs. La grossesse datait de deux ans. Et puis, tout a changé. Le numéro du magazine contenant mon article paraît enfin.. et Voilamaman est enceinte !! Je livre ici le récit et m’arrête au point où nous en sommes : quatre mois !

Meilleur magazine pour enfants et parents Echanger entre mamans

Une bonne occasion pour découvrir Parole de Mamans

1er mois

Le premier mois, papa… ne voit rien. Strictement rien. « Chéri, je suis enceinte. Nous allons avoir un enfant ». Encore une chance que le papa connaisse la théorie, comment on fait les bébés, autrement il ne l’aurait pas crue. Il sourit, répète « un enfant… un enfant ».

Et puis, il ne peut s’empêcher. L’espace d’une seconde, son regard descend jusqu’au nombril de maman, cherche la moindre esquisse de rondeur. Rien du tout. Il ne voit rien. Bien entendu, elle lui montre le test de grossesse, ce gros truc qu’il pourrait confondre avec un thermomètre à affichage digital. Papa le prend entre ses doigts et sourit parce qu’il est heureux. Il sourit également parce qu’il n’ose pas dire le moindre mot. Il ne sait pas comment ça fonctionne un test de grossesse, ni où regarder. Alors il sourit. De toute façon, il est heureux.

2ème mois

Le signe espéré arrive, enfin. Le papa ne l’attendait plus. Et il aurait voulu autre chose, une rondeur, une démarche légèrement chaloupée. N’importe quoi mais pas la nausée. Jusqu’à aujourd’hui, il n’a pas fait grand-chose : il ne voit rien et ne peut rien dire. La grossesse est un secret qui, un jour, deviendra très lourd à porter, surtout pour la maman. Pour le moment, on ne voit rien, on ne dit rien. S’attendait-il à ce que le premier geste concret ne soit pas pour le bébé mais pour la maman ? Il ne sait plus. Avec le recul, il trouve cela très bien. On se soude. A deux pour vivre les sept longs mois à venir, on ne sera pas de trop.

La grossesse vue par le papa

La grossesse vue par le papa

3ème mois

Rien ne change et tout a changé. Le ventre est plat mais le débat est désormais posé. « Regarde, de profil, avec ce pull moulant, la lumière disposée de cette manière, les mains sur les hanches et le dos légèrement cambré, on devine quelque chose, non ? »

Nous l’avons vu pourtant ! Pas le ventre, non, notre bébé. Tout petit bébé… L’échographie des 3 mois est une libération, le droit d’avoir un peu moins peur.

Les trois premiers mois sont interminables. Si chaque mois est une petite porte, celle du troisième est un pont-levis. Gigantesque, imposante, on l’abaisse progressivement, ça n’en finit jamais. Le quatrième mois met des années à arriver…

4ème mois

Nous y sommes. Le mois de la bascule, le moment où l’on s’entend dire : « vous venez de passer la moitié, vous voyez, c’est rapide ». Non, ce n’est pas rapide. Davantage que la moitié du temps de gestation, le quatrième mois est un deuxième départ. On a connu la grossesse cachée, taiseuse, plate. Place à la grossesse révélée, partagée, la ronde, la grosse ! Les mains de la maman caressent le ventre rebondi. Le papa est ému. Ces trois derniers mois, on ne voyait rien mais ce geste, les doigts délicats posés sur le ventre, la maman le pratiquait déjà. Elle voit clair depuis longtemps. Alors le papa pose à son tour les mains sur son ventre. Les doigts ne tremblent pas mais la voix oui. Il ne peut pas s’approcher davantage de bébé. Il ferme les yeux, se concentre comme s’il cherchait à transmettre ses émotions, ses désirs, tout son amour, aux terminaisons nerveuses de ses doigts. Bébé est là. Papa aussi.

 

Courrez à la presse la plus proche découvrir Parole de Mamans ! Un grand merci à la rédaction pour cette belle collaboration.

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Un heureux chamboulement

Tout est chamboulé, il arrive. Personne ne nous l’a dit. Pas un bruit, pas un cri, ni même un souffle. L’écho, c’est tout. Un tout petit signal qui annonce une vie tout aussi petite. Et tout est chamboulé. Davantage qu’un heureux événement, on devrait parler d’heureux chamboulement. C’est ça, la venue d’un enfant. Tout est sens dessus dessous. Les repères fuient. La maison par exemple. C’est gros, une maison. Ca ne s’installe pas du jour au lendemain, une maison. Et il suffit d’un tout petit signal pour la remettre en question, notre maison (Sera-t-elle assez grande ? Où dormira-t-il ? etc.). La naissance s’en donne déjà à cœur joie, elle pratique son jeu favori : le chamboule-tout.

Si le titre est mal choisi, la date de sortie nous correspond tout à fait...

Si le titre aurait pu préférer le mot « chamboulement », la date de sortie nous correspond tout à fait…

Notre vie quotidienne sera chamboulée, toute notre vie quotidienne. On vivra la nuit et dormira (peu) le jour. Et cette fois, nous sommes bel et bien prévenus. On ne pourra pas dire qu’on ne savait pas. Ne pas dormir, on connaît, on a fait, il y a deux ans. Une époque qui résonne comme un lointain écho. Pour le moment, cela ne nous empêche pas de dormir. Nous préférons attendre quelques mois, accumuler les heures de sommeil avant de passer la nuit le nez dehors et le doigt dans la petite bouche de bébé. On ne nous y prendra pas deux fois. Hé bien si. On se laisse prendre, surprendre, une deuxième fois. Et ça nous plaît. Les journées n’ont que 24 heures. Et 24 heures par jour, nous nous inquiétons pour Voilabébé. Et 24 heures par jour (le même jour…), nous aimons Voilabébé. Pas de place pour le deuxième ? Au contraire ! Nous sommes à temps complet, vous pouvez y aller, ajoutez le deuxième. On s’inquiétera 24h/24, on aimera 24h/24. On sera juste fatigués (je profite de la grossesse pour goûter encore une fois la naïveté du jeune parent. Dans 6 mois, je n’écrirai pas « juste fatigué » mais « trop fatigués, on pète un plomb »).

Un heureux événement est un vrai chamboulement. Rien ne résiste, pas mêmes les phénomènes physiques les plus élémentaires. L’écho par exemple. On crie d’abord, on entend l’écho ensuite. Ca, c’est la vie de tous les jours. La venue d’un enfant, c’est différent : elle commence par l’écho et se termine dans un cri. Quand je vous dis que tout est chamboulé…

Le premier cri du nouveau-né