A la recherche du prénom

Oui, nous avons vu le film. Et nous aussi, nous cherchons un prénom pour le bébé. Je ne suis jamais si excité qu’au moment de partir à la recherche de prénoms. C’est la chasse tous azimuts, le champ de tous les possibles. La liste de prénoms, c’est le voyage perpétuel. Un peu de sable en bordure d’oasis, la lumière rafraîchissante des fjords norvégiens, la nostalgie de la cour de Charlemagne et de sa femme au grand pied. Je tais son prénom à dessein. Oui, on trouve ce concentré de saveurs et un brin d’exotisme dans une toute petite liste de prénoms. Non, je ne dirai rien. Ni le prénom de l’impératrice carolingienne, ni aucun autre. Aucune piste. La raison est simple. En trois mois, j’ai affirmé à trois reprises que notre choix était définitif. Le hic, le voici : à chaque fois, le prénom était différent…

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Un moyen infaillible pour rassurer futur papa

Déménager.

Hier soir, je rentre à la maison, navigue entre les cartons, ne sais plus où donner de la tête. Jusqu’à l’instant où mon regard se fixe, vacille, et mes lèvres tremblent. « Les affaires du bébé ». C’est écrit sur ce carton, le petit au-dessus de la pile, 50x30x30 cm au maximum. Le bébé est bien au chaud dans le ventre de sa maman mais son carton est prêt, lui, pas de problème.

Toutes les affaires du bébé tiennent en une petite boîte. Quelques bodies (mot hors de mon vocabulaire avant 2012), une paire de chaussons et une boîte à musique. Et ce 50x30x30 cm me rassure et m’apaise. Respire, tout est sous contrôle. Plus tard, tu t’échineras à ranger la poussette sous la cage d’escalier, tu feras couler le bain et ramperas sous le tapis de la crèche à la recherche du doudou perdu. Oui, plus tard. Aujourd’hui, respire. Tout tient en 50x30x30 cm. Le carton est bien fermé, rien ne déborde. Jusqu’ici, tout va bien.

Neuf mois pour devenir papa

9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2… Le compte à rebours est bien entamé. Dans un mois et demi, c’est le décollage vers une autre sphère : la galaxie des papas. Comme son nom l’indique, c’est une voie lactée entièrement peuplée de papas, de leurs espoirs, leurs peurs, leurs désirs, etc. Je vais donc en faire partie, je serai un papa parmi tous les autres papas. Et papa, c’est un vrai statut. A la crèche, à l’école ou au tennis club-house, je dirai : « bonjour, je suis le papa d’Untel/Unetelle » (on ne connaît pas le sexe,  et le prénom, c’est un vrai sujet). Je ne me présenterai pas par mes prénom et nom. Quand tu es papa, c’est écrit sur ton front. Ouh là.

A partir de quand se sent-on devenir papa ? Dans mon cas, certainement pas quand ma femme m’a annoncé être enceinte (joie !). On se sent heureux, surpris, mais certainement pas papa. On essaie de réaliser : « on attend un enfant, on attend un enfant, on attend un enfant ». Mais on ne se répète pas : « je vais être papa, je vais être papa, je vais être papa ». Nuance de taille.  Le sentiment naît peu à peu au cours des neuf mois de grossesse (la nature est bien faite) quand quelques événements vous hurlent à l’oreille : « tu vas être papa, tu vas être papa, tu vas être papa ». Ce sont ces moments où l’on prend conscience qu’une nouvelle personne arrive : la première échographie, les dialogues sur le ventre de la maman, les coups de plus en plus prononcés. On se dit alors : « il y a bien quelqu’un mais il semble tellement vulnérable »… Il faut bien que quelqu’un se charge de lui : papa et maman !