Et la place de la punition ? (Radio Lyon 1ère)

Pendant de longs mois, nous, les parents, vivons dans un monde sans punition. Bébé non plus. Il pleure, il mange. A moins de ne pas avaler correctement, je ne vois pas ce que Bébé peut faire de travers.

J’ai tenté de me rappeler le début des punitions, quand tout a commencé. Avant les premiers déplacements, certainement pas. Nous vivons, Voilabébé et nous, dans un monde tranquille, sans dangers. Et puis voilà qu’il commence à avancer, en se roulant sur lui-même, à quatre pattes ensuite, sur deux pieds enfin. Il marche vers nous, à la découverte du monde, vers le danger… Je date de cette époque les premières punitions : le « non » devient le mot le plus employé, le plus répété, comme pour dresser une barrières de « non » entre bébé et la table à repasser, les plaques de four et l’escalier.

Seulement, tout bien pesé, le « non » n’est pas une punition. Plutôt une interdiction. Et interdire, c’est assez facile. On pressent un danger, on préfère dire non plutôt que tenter le diable.

Tout compte fait, avons-nous réellement et souvent puni Voilabébé ? Je n’en suis pas sûr (mais Voilabébé est encore jeune, ça viendra !). Nous avons sanctionné oui, et la distinction faite lors de notre entretien par Sandrine du blog S comme C – une professionnelle spécialisée dans l’accompagnement de la parentalité – est utile. Je croyais punir, en fait je sanctionne… Et puis, je bichonne. Allez, encore une fois, on appuie sur ON !

 

 

Vous pouvez retrouver les profils des parents blogueurs qui participent à l’émission ici et les vidéos des émissions précédentes ici !

Suivez l’émission de Parents à Parents sur Facebook et Twitter.

 

 

Publicités

Nelson Monfort chez le gynécologue

Pour que cette journée soit féconde, je devais entrer, absolument. J’ai rampé entre les obstacles, couru, doublé tous les autres et me suis retrouvé seul devant le sas d’accès entrouvert. Enfin seul. J’ai glissé entre les deux battants et pénétré la cellule. Toute petite, confinée, les rideaux tirés. Dans la pénombre, je trouve Voilamaman. Elle est là, bien sûr. Elle a l’air bien. Mes yeux peinent à s’habituer à l’obscurité. Quelqu’un d’autre semble poser la main sur son ventre. Je ne m’en fais pas. La pénombre est rassurante. Dehors, le klaxon d’un camion. Personne ne sursaute. Nous nous sentons bien dans cette petite salle cosy, un cabinet médical qui, pour une fois, sent la lavande, pas le désinfectant.

« Dites, docteur, le klaxon là, le bébé peut l’entendre aussi ? »

« Certainement mais de manière tout à fait assourdie. Et comme il se sent bien là où il est, le son ne peut pas le traumatiser. Il fera le tri entre les « bons » et les « mauvais » bruits après la naissance ».

Comme nous. Nous nous sentons bien. On l’attendait cette deuxième échographie, depuis des semaines. Nous voulions être là et maintenant que nous y sommes, nous voulons rester, laisser l’écran allumé, nos yeux rivés, les mots sortir. Devant Roland-Garros, les commentateurs m’exaspèrent. Ils parlent sans arrêt, souvent pour ne rien dire. « Donc là, Nadal bouge le bras gauche. Certainement pour retarder la crampe. Tiens, il mange une banane maintenant. Certainement pour reprendre des forces ». Super.

Que mange Rafael Nadal Nadal est-il dopé

Et de soupirer derrière mon écran de télé. Et voilà qu’aujourd’hui, assis à côté de Voilamaman non pas dans la cabine de France Télévisions mais dans un cabinet qui sent la lavande, je joue au commentateur sportif. Impossible de m’en empêcher. « Oh, il bouge le bras gauche ». Et le commentaire sportif d’échographie, n’en déplaise à Nelson Monfort, c’est vraiment sport. Jamais certain qu’il s’agisse du bras, encore moins du gauche, je commente, je répète. Ma manière à moi de rencontrer notre bébé, d’échanger avec lui. Voilamaman fait la même chose. On aime bien répéter ce qu’on voit pour une raison bête. Nous aimons déjà qui nous voyons. Autant lui dire.