Un heureux chamboulement

Tout est chamboulé, il arrive. Personne ne nous l’a dit. Pas un bruit, pas un cri, ni même un souffle. L’écho, c’est tout. Un tout petit signal qui annonce une vie tout aussi petite. Et tout est chamboulé. Davantage qu’un heureux événement, on devrait parler d’heureux chamboulement. C’est ça, la venue d’un enfant. Tout est sens dessus dessous. Les repères fuient. La maison par exemple. C’est gros, une maison. Ca ne s’installe pas du jour au lendemain, une maison. Et il suffit d’un tout petit signal pour la remettre en question, notre maison (Sera-t-elle assez grande ? Où dormira-t-il ? etc.). La naissance s’en donne déjà à cœur joie, elle pratique son jeu favori : le chamboule-tout.

Si le titre est mal choisi, la date de sortie nous correspond tout à fait...

Si le titre aurait pu préférer le mot « chamboulement », la date de sortie nous correspond tout à fait…

Notre vie quotidienne sera chamboulée, toute notre vie quotidienne. On vivra la nuit et dormira (peu) le jour. Et cette fois, nous sommes bel et bien prévenus. On ne pourra pas dire qu’on ne savait pas. Ne pas dormir, on connaît, on a fait, il y a deux ans. Une époque qui résonne comme un lointain écho. Pour le moment, cela ne nous empêche pas de dormir. Nous préférons attendre quelques mois, accumuler les heures de sommeil avant de passer la nuit le nez dehors et le doigt dans la petite bouche de bébé. On ne nous y prendra pas deux fois. Hé bien si. On se laisse prendre, surprendre, une deuxième fois. Et ça nous plaît. Les journées n’ont que 24 heures. Et 24 heures par jour, nous nous inquiétons pour Voilabébé. Et 24 heures par jour (le même jour…), nous aimons Voilabébé. Pas de place pour le deuxième ? Au contraire ! Nous sommes à temps complet, vous pouvez y aller, ajoutez le deuxième. On s’inquiétera 24h/24, on aimera 24h/24. On sera juste fatigués (je profite de la grossesse pour goûter encore une fois la naïveté du jeune parent. Dans 6 mois, je n’écrirai pas « juste fatigué » mais « trop fatigués, on pète un plomb »).

Un heureux événement est un vrai chamboulement. Rien ne résiste, pas mêmes les phénomènes physiques les plus élémentaires. L’écho par exemple. On crie d’abord, on entend l’écho ensuite. Ca, c’est la vie de tous les jours. La venue d’un enfant, c’est différent : elle commence par l’écho et se termine dans un cri. Quand je vous dis que tout est chamboulé…

Le premier cri du nouveau-né

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Un deuxième bébé ?

Il n’était pas trop tard hier soir, pour une fois. Tout le monde était sorti et le canapé était grand, pour une fois. Un deuxième bébé…

Assis sur le canapé, un deuxième bébé dans les bras, un tout petit, un bébé de 3 mois. L’autre bébé dans mon dos, de 12 mois son aîné, assez grand pour faire le malin et courir à l’autre bout du canapé, revenir en criant, courir à l’autre bout du canapé, revenir en criant… Voilabébé, si petit quand il est seul à la maison, tellement grand à côté du petit bébé. Seul assis sur un canapé entouré de deux bébés, cela ne m’était jamais arrivé.

Nous venions prendre l’apéro et j’ai finalement pris un bébé. Je l’ai rendu ensuite, certes, mais au moment de le prendre dans les bras, la même émotion que l’an dernier, celle que j’avais ressentie quelques toutes petites semaines avant la naissance de Voilabébé et relatée ici. A l’époque, les bébés me laissaient là, pantois sur un canapé. Aujourd’hui, j’ai un bébé, mais rien n’a changé, même pas le canapé.

J’ai vécu une véritable pub Kinder. Tous les adultes sortis du salon, je reste avec les deux enfants et l’apéro. Voilabébé court de plus en plus vite. Je fais des petits bonds le long du canapé pour l’empêcher de tomber. Bondir à la vitesse du grand bébé, faire des gouzis-gouzis sur le menton du petit bébé et me voilà débordé.

Et là, l’erreur : je me suis pris à penser que deux bébés, c’était beaucoup. Et là, solution, le grand bébé s’écroule sur le canapé. Et éclate de rire. Je ris aussi… Et le petit bébé aussi. On a ri tous les trois. Juste comme ça. Bonheur, un véritable quart d’heure Charles Ingalls vous voyez. L’espèce de moment parfait qui ne dure qu’un quart d’heure histoire qu’on puisse continuer à dire que « la perfection n’est pas de ce monde ». Et puis, je ne suis pas né de la dernière pluie. Charles Ingalls est parfait, certes. Mais il est bien le seul. Une fois qu’il a ri avec ses 7 enfants, il part couper du bois dans la neige, lui. Tandis que je me contente de couper du saucisson. « La perfection n’est pas de ce monde ».

Après la photo, Charles Ingalls s'en ira couper du bois

Après la photo, Charles Ingalls s’en ira couper du bois

Partageant si peu avec Charles Ingalls – le prénom excepté -, je m’assagis rapidement : un deuxième bébé ? Mais ce n’est pas raisonnable, comment veux-tu assumer deux bébés à la maison ? Regarde-toi dans un miroir Voilapapa. Et puis deux bébés, ça veut dire deux fois plus d’idées de cadeaux de Noël à trouver, des nuits deux fois plus courtes et des valises deux fois plus lourdes.

… Mais j’ai goûté au quart d’heure Charles Ingalls.