Grossesse : les mois 5, 6 et 7 vus par le papa

Ma chronique parue dans le magazine Parole de Mamans suit le cours de la grossesse de Voilamaman. J’avais évoqué les quatre premiers mois Les 4 premiers mois de grossesse. Nous en sommes désormais à la fin du 7ème mois. Vous découvrirez même ma blague préférée…

5ème mois

Le mois de l’échographie, la deuxième. Le monde des images donne à voir des choses inattendues. La première échographie a révélé le bébé, classique. La deuxième révèle le papa. Explications.

Le gynéco transpire, il n’en peut plus. Cinq fois qu’il tente de prendre la mesure du fémur. Impossible. « Il bouge tout le temps ». A ces mots, le papa ne se sent plus de joie. Il est fier… Comme s’il regardait son fils de 8 ans sur le podium du tournoi de foot du quartier, tout sourire. La médaille autour du cou. Fierté. La fierté du papa. Cinq mots ont suffi : « il bouge tout le temps ». Une preuve de dynamisme, d’esprit sportif, de fair-play peut-être aussi. Le papa sort de sa coquille. Il n’a fallu qu’une étincelle. Il est fier comme un papa, il s’emballe. Voilà papa.

6ème mois

Papa est heureux. Au moment de passer à table, il a sorti une blague. Toujours la même. Il l’avait déjà faite l’an dernier, l’année précédente aussi. Maman en avait marre de la blague de Super Tomate, la préférée de papa. Et ce soir, elle a ri de bon cœur. A tel point que le fou rire s’est amplifié, a duré de l’entrée au dessert. Papa était fier, décidément. Et puis, entre deux hoquets, maman a divulgué le truc, l’astuce : « excuse-moi, ce n’est pas ta blague, ce sont les hormones ». Cruel.

Le papa et la grossesse Les 5e 6e et 7e mois de grossesse La grossesse en détail La grossesse au jour le jour

7ème mois

Les discussions autour du choix du prénom s’enflamment. La famille s’en mêle, les amis aussi. Et nous de rire, assis sur deux fauteuils anonymes au fond de la salle noire, à l’aise. Le film « Le Prénom » tombe à pic. Nos listes à n’en plus finir de prénoms cochés, barrés et re-cochés, nous les avons gardées pour nous. C’est notre jardin secret. Patrick Bruel, Charles Berling et les autres nous font du bien. Ils nous confirment que nous avons bien fait. Nos échanges s’éternisent, j’aime ça. Je ne veux pas trouver, pas tout de suite. Chaque prénom prononcé, décortiqué, passé sur le grill, exhale sa petite odeur, dévoile un univers. Je ne veux pas m’arrêter sur l’un d’entre eux. Pas tout de suite.

 

La seule chose certaine…

La voisine : « la seule chose certaine, c’est qu’à notre retour de vacances, vous serez un de plus à la maison ».

La grand-mère du déjeuner du dimanche midi : « la seule chose certaine, c’est que dimanche prochain, il ou elle sera parmi nous ».

Le collègue-qui-sait-tout-sur-tout : « l’attente est longue, c’est sûr, mais une chose est certaine : dans une semaine, c’est plié ».

La voisine est rentrée de vacances, dimanche arrive et le jour du terme date presque d’une semaine. Une seule chose est certaine : Voilabébé n’est pas là.

Comme rien n’est certain – peut-être le principal enseignement de cette fin de grossesse -, je ne peux pas garantir à quoi ressemblera ma vie une fois Voilabébé arrivé. J’espère de tout coeur continuer à tenir ce blog. Je ne compte pas du tout l’arrêter ni même le mettre en stand-by mais le rythme de publications sera peut-être perturbé. Qui sait ?

Je ne m’attendais pas à ce que les rencontres – drôles, touchantes, profondes – faites à travers ce blog me procurent autant de joie. Je tiens à vous remercier de tout coeur, très chères lectrices et lecteurs, très chères commentatrices et commentateurs, pour ces beaux moments de partage.

La seule chose certaine (au cas où je ne pourrais revenir de sitôt), c’est que vous allez me manquer.

Après l’heure, c’est encore l’heure

Après l’heure, ce n’est plus l’heure. Sage adage populaire. Il permet de triompher de toute situation. Un entretien d’embauche prévu demain à 14h ? Portez le costume le plus strict, subissez des heures d’entraînement avec le père de votre meilleur ami, si vous n’êtes pas à l’heure, c’est peine perdue. Après l’heure, ce n’est plus l’heure.

La grossesse semble pourtant faire exception. L’heure du terme est fixée dès le troisième mois. Que le bébé arrive avant l’heure, il sera à l’avance et prendra simplement son temps à la sortie. Qu’il arrive à l’heure dite – le jour du terme -, il fera figure d’exception (l’accouchement n’est pas un entretien d’embauche, c’est confirmé) ! Seuls 4 % des naissances ont lieu le jour du terme. Qu’il arrive en retard, on l’accueille avec autant de plaisir… Alors, remise ton costume au placard Voilabébé, arrête l’entraînement… Et rejoins-nous !

Le jour du terme, le Jour J ?

Tout au long du huitième mois, on attend fébrilement le jour J, celui de la naissance. Les futurs parents sont à l’affût du moindre signe annonciateur de l’heureux événement, prêts à sauter dans la voiture en direction de la maternité. Les questions de l’entourage ou du voisin à la caisse du supermarché se font plus pressantes : « alors, c’est pour bientôt ? », « c’est la dernière ligne droite ? » Et les futurs parents d’apporter sempiternellement la même réponse : « oui, ça approche, c’est prévu pour le 13 août ». A force d’approcher, nous baissons la garde. Nous n’espérons plus fébrilement la naissance pour le jour suivant et nous contentons de nous répéter que, de toute façon, elle viendra bien un jour cette naissance.

Et le 13 août arrive et avec lui, aucun signe annonciateur mais des tonnes de messages d’une teneur nouvelle :  « si tu ne réponds pas, c’est que tu es en salle d’accouchement », « il va pointer le bout de son nez », etc. A attendre la naissance à tout moment, je ne me doute plus que pour l’entourage, le Jour J, c’est aujourd’hui. Bien loin de baisser sa garde, l’entourage a renforcé ses sentinelles et les a concentrées autour d’une seule date : le jour du terme. Nous n’entendons plus : « c’est pour bientôt » mais « c’est aujourd’hui ». A croire que le jour du terme, l’entourage nous précéde en salle d’accouchement…

La date du terme et la courbe de l’impatience

A 3 mois, le gynéco donne une date de terme. Il ne se prend pas pour Dieu le père, il se prend seulement à l’exercice des probabilités. Selon l’évolution du foetus au jour de l’échographie des trois mois, le jour le plus probable de naissance est le 13 août (dans notre cas). Et la courbe de Gauss de se mettre en place.

Au sommet de la courbe, le 13 août, les chances de naissance sont maximales. Plus on s’éloigne de cette fameuse date du terme, plus les chances de naissance s’amenuisent, tendent vers 0 % de probabilité.

Les dates entourant le 13 août – les 11, 12, 14 et 15 août – supportent encore des valeurs très élevées. Le bébé a certes moins de chances de naître le 11 août que le 13 août mais cela reste fortement probable. Et pourtant…. Comme nous sommes entrés dans le champ des probables depuis un certain temps (8 mois et 1 semaine, voire plus tôt), notre patience s’essouffle. A force d’espérer l’arrivée du bébé le lendemain, on la repousse dans son esprit à la semaine suivante. Bref, alors que les chance de naissance n’ont jamais été aussi fortes qu’à partir du 11 août, nous ne ressentons plus son arrivée comme aussi imminente que le 31 juillet ou le 3 août. L’impatience est une bien curieuse science mathématique…

8 mois et 1 semaine : l’illusion du sommet

Rien de plus technique que la préparation d’une course d’alpinisme. On veut gravir le Mont-Blanc, atteindre le sommet. Comme pour l’attente d’un enfant, la préparation logistique prend rapidement le pas sur toute autre considération. Il faut préparer les séjours dans les camps d’altitude successifs, ces paliers qui ponctuent l’ascension. Planter les tentes solidement, s’abriter du vent sans s’exposer au risque d’avalanche, installer un système d’éclairage rudimentaire, etc. Tout s’anticipe. La préparation de la vie en camp d’altitude occupe l’esprit, devient le principal sujet de préoccupation.

L’ascension débute demain. La première nuit au camp de base se déroule très bien. Le matin suivant, nous marchons vers le premier camp d’altitude. Le soir, l’installation des tentes me crispe mais tout se passe comme prévu. Le soir suivant, même chose. Jusqu’au camp d’altitude du dernier soir. Je me couche le sourire aux lèvres. Le lendemain matin, je me lève fourbu, harassé par la fatigue, assailli de lassitude. C’est le dernier camp, le dernier jour, mais pas le dernier pas. Le sommet est encore loin. Je doute de mes capacités à l’atteindre.

La grossesse, c’est la même chose : 8 mois et 1 semaine ou le dernier camp d’altitude, l’ultime marche à franchir. Et cette date est passée. Tout est prêt, sauf le bébé semble-t-il, ce qui décuple notre impatience. Nous ne sommes pas encore au sommet, seulement au dernier camp d’altitude. Je l’avais oublié.

Si les gens savaient

« Voilamaman n’est pas trop fatiguée ? Elle ne doit plus beaucoup se déplacer ». La question est maintes fois posée. Si les gens savaient.

Après avoir comptés sur un accouchement relativement précoce – au milieu du 8e mois -, nous distinguons de plus en plus nettement la date du terme se profiler. Elle arrive vers nous, mais pas à vive allure. Et Voilamaman de s’activer pour avancer l’échéance. Et Voilapapa, très officiellement en vacances, de suivre les travaux d’intérieur lancés par Voilamaman. Malheur (!), nous venons de déménager, les choses à réaliser dans la maison sont innombrables : accrocher une barre à rideaux, monter une table au dernier étage, descendre les cartons à la cave… « Voilamaman n’est pas trop fatiguée ? Elle ne doit plus beaucoup se déplacer ». Si les gens savaient…