La liste de maternité du papa

On dit que les listes sont des trucs de filles. Les maternités aussi sont des trucs de filles. Pourtant, nous les pères devons y passer un jour ou l’autre. Et, un jour ou l’autre, il faut bien la dresser, cette fameuse liste de maternité spéciale papas. La voici.

Chers papas, afin de vous garantir un séjour merveilleux en maternité, n’oubliez pas d’emporter :

– des magazines : AutoPlus, Canard PC ou GQ, prends ce que tu aimes et emporte également les magazines de la maman. A ce stade, une seule règle prévaut : prendre un ou deux magazines, pas plus. Le papa doit conserver quelques prétextes afin de descendre à la cafétéria : « je vais t’acheter Elle [et m’acheter un café, un Kinder Maxi, des Tic Tac, un deuxième café, faire un tour dans le couloir du premier étage et me tromper d’ascenseur].

– un casque audio : à défaut de pouvoir sortir, voici le moyen le plus sûr de t’évader. Ne mets pas le volume trop fort et laisse une oreille libre : tu dois être apte à entendre le « contractioooon ». Quitte à garder une oreillette pendante, partage-la avec la maman.

– un vaporisateur : pas pour toi, pour la maman.

– un ordinateur et un disque dur externe : pour regarder à deux un film, deux films, trois films… Sur ton disque dur, prépare un dossier spécial maternité. Dedans, dépose uniquement ces films que vous avez vus (100 fois). A jeun depuis 12 heures, je ne suis pas certain qu’elle tombe d’extase devant un docu-fiction sur le nouvel essor de la culture du quinoa au nord de la Bolivie. Préfère Rasta Rockett.

– les affaires de bébé : aussi étrange que cela puisse paraître, tu n’as rien à prévoir. Les bodies, couches, bonnets, la maman les a glissés dans sa valise de maternité. Quant au gros matériel (maxi-cosy, couffin et autre nacelle), il sera toujours temps de venir les chercher à la maison. En revanche, tes affaires de rechange à toi sont les bienvenues !

– des poches de pantalon : tes meilleurs amies d’un jour. Dans tes poches, les éléments de la liste inscrits ci-dessous rentrent tous. La poche de pantalon est un allié extraordinaire et fidèle. Elle te permet de sortir de la chambre en 1 seconde sans dire « attends, attends, j’y vais mais je cherche mon portefeuille. Il est où, sérieux ? Et mon Milky Way, c’est toi qui l’a pris ? » Non, je t’assure, ce n’est pas elle. Une fois dehors, ta poche te permet de boire, manger, te divertir, mettre les mains dedans. Génial.

– des pièces de monnaie : dans la poche donc. Pourquoi des pièces et non des billets ? Les pièces te permettent l’accès à la machine à café. Et c’est là que tout se passe. La cafétéria finalement, c’est pour les faux, les gens de passage. Toi, tu es un vrai, un dur, tu es bientôt papa. A la machine à café, tu espèreras rencontrer quelqu’un. Normalement, tu n’y trouveras personne. Ou alors un papa dans le même état que toi. L’observant, tu te diras en ton for intérieur : « pff, non mais celui-là, c’est vraiment la caricature du nouveau père. Genre super stressé et super content à la fois mais qui joue au blasé devant la machiné à café ». Détends-toi, il se dit la même chose en te regardant.

– des en-cas : des petites gâteries qui rentrent facilement dans la poche. Les recharges restent dans ton sac. Ne prends pas des machins trop larges (type KitKat). Ca rentre dans une poche mais avec difficulté. Dans la chambre, devant la maman à jeun, tu seras gêné : « attends, attends, j’y vais mais je n’arrive pas à rentrer ça dans ma poche, ça me saoule ». ‘C’est quoi ? » « Euh ben un KitKat ». A proscrire absolument.

– un téléphone portable : a priori, ça rentre dans ta poche. N’oublie pas d’actualiser Candy Crush avant de quitter la maison. Tu pourras jouer dans le couloir, à la machine à café, à la cafétéria, et même dans les toilettes de la chambre. C’est incroyable ce truc. Je ne sais pas si les papas existaient avant la téléphonie mobile. Le cas échéant, je les plains. Que faisaient-ils ? Ils jouaient au solitaire j’imagine. Vous vous imaginez empiler 52 cartes, chacune de la taille d’un téléphone portable, au pied des toilettes ?

Enfin, reste zen. Si tu oublies quelque chose, la maman y pensera. Les listes, ce sont des trucs de filles, non ?!

 

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Plus terrifiant que Jurassic World

Le doigt gratte. Au coeur du carré de fouille – un triangle plutôt – délimité par deux jambes potelées, une couche surgonflée et deux petits pieds, le doigt gratte le sol. Si Voilabébé2 devait déclarer une activité au fisc, il serait paléontologue. La journée durant, il gambade, grimpe, glisse. A quatre pattes, il avance à allure forcée, haletant, dégoulinant de sueur parfois. Quand l’heure de la fouille vient, c’est la métamorphose.

Il se pose là, écarte les cuisses et délimite son triangle, respire posément, penche la tête et inspecte le chantier, calmement. Les yeux sont fixes, son regard donne à voir ce je-ne-sais-quoi très professionnel, la main s’avance. Et le doigt gratte. Ou l’ongle peut-être. Je n’ai jamais réussi à distinguer. J’aimerais pourtant, je m’en veux d’une telle imprécision. Tout ceci semble si sérieux. bébé dinosaure jeune paléontologue carré de fouilles bébé a peur de l'aspirateur Le parquet, c’est son désert du Montana, ce minuscule morceau de papier gratté, son fossile vivant. Pour moi insignifiant, il représente tout pour le jeune paléontologue. Je le vois dans ces yeux ; ils scrutent le papier, ils brillent, comme s’ils décryptaient 65 millions d’années d’évolution en un vulgaire centimètre carré blanc de 80 mg.

D’un geste sec, le doigt se lève, s’arrête : le fossile de papier se meut. Il sautille, il bondit. De droite et de gauche, le regard de Voilabébé2 flotte, les yeux s’affolent. Il se passe quelque chose. Voilabébé1, de 2 ans son aîné, n’est pas né de la dernière pluie. Sous ses pieds, il sent aussi le sol bouger, il voit le papier virevolter ; mauvais présage. Avant, il paniquait. Désormais, il prend la fuite devant l’imminente arrivée de La bête : « euh, vais dans ma çambre d’accord ».

Voilabébé2 reste planté là, seul. Tétanisé, il lève les yeux. Elle est là, ce cou longiligne et gigantesque, cette gueule terrible, à la bouche sifflante qui s’abat sur tout ce qui bouge. Ventru, le corps du pachyderme se déplace avec peine. Et derrière, la queue, noire, d’une longueur infinie. La morphologie du brachiosaure, l’appétit du T Rex. Terrifiant. Dans un dernier sursaut de conscience professionnelle, Voilabébé2 se rue vers le morceau de papier, sauver ses recherches. Trop tard, la gueule noire au rire figé et au son de serpent s’abat et, d’un trait, engloutit le fossile.

Voilabébé2 déteste l’aspirateur.

En vidéo, l’arrivée de l’aspirateur

Quand nos « tout-petits » deviennent-ils grands ? Enfin la réponse ! Et ça aide…

Une paire de nouvelles chaussures pour mon mariage… Le vendeur : « vous ne vous mariez pas demain ? » Qu’est-ce que ça peut lui faire ? « Des nouvelles chaussures, ça se patine. Portez-les quelques heures par jour au début, pas plus. Autrement, vous aurez les pieds en sang ». Je sors du magasin, rassuré : je ne me mariai pas le lendemain. Quelques heures par jour au début. Très bien. Mais dites, combien de temps ça dure, le début ? 2 jours, 2 semaines, 2 mois. Je me mariai dans 1 mois, j’étais moins rassuré…

Je me suis marié, mes pieds vont bien merci. Nous avons eu un premier enfant, Voilabébé1. Et la question du début a ressurgi. La sage-femme : « au début, faites attention à son alimentation. C’est important pour plus tard ». Pour mes chaussures, c’était 10 jours ; et pour un nouveau-né, combien de temps ça dure, le début ? On naît tout-petit et on le reste jusqu’à quand ?

Des enquêtes et études ont démontré que la malnutrition parentale ou infantile pendant les 1000 premiers jours pouvait avoir des répercussions sur l’état de santé, même à l’âge adulte. Dans les années 1980, l’épidémiologiste britannique David Barker a posé la question de l’origine précoce des maladies, en montrant qu’un petit poids de naissance, lié à une sous-nutrition, augmentait le risque de survenue d’infarctus du myocarde à l’âge adulte

Quelqu’un veut-il bien nous le délimiter ce début ? Hé bien oui, ça y est, c’est fait. Grâce à une initiative du Grand Forum des Tout-petits soutenue par Blédina, on le cerne notre début : 1000 jours (Napoléon et tes 100 jours, vous êtes battus).

1000 jours Le meilleur départ pour la vie

1000 jours pendant lesquels le mode d’alimentation agit fortement sur l’expression des gênes. Oui, ne vous en faites pas trop, moi aussi j’ai stressé. D’autant plus que sur le plan alimentaire, je suis un cas, allergique à (presque) tout. Et si nous n’avions pas fait ce qu’il fallait pendant les 1000 jours ? No souci, tout est réversible (dans les deux sens, certes), ouf. « Parce que même de petits changements au quotidien peuvent faire beaucoup pour demain… Et il n’est jamais trop tard pour agir ! » Ce n’est pas moi qui le dit, c’est Charlotte. La petite fille dont on peut suivre l’évolution du mode d’alimentation lors des 1000 jours dans la vidéo ci-dessous. On voit ce qu’elle mange, concrètement. Et c’est ça l’intérêt du concept des 1000 jours : c’est concret.

Invité en compagnie d’autres blogueurs par Parole de Mamans et Blédina, nous avons discuté avec 3 médecins début juin : Thierry Harvey, gynécologue obstétricien à la maternité parisienne des Diaconesses, Marc Bellaïche, pédiatre gastro-entérologue et Louis-Dominique Van Egroo, médecin généraliste et médecin conseil Blédina.

Les blogueurs écoutent les médecins

Les blogueurs écoutent les médecins

Ils nous le confirment. La mesure des 1000 jours est pertinente, elle représente une phase de développement unique. Pendant les 1000 premiers jours, le mode d’alimentation agit avec force sur le développement de l’enfant. Nous disposons d’un capital santé. Il a bien fallu le constituer un jour. Quand ? Vous avez deviné : en grande partie, lors de ces fameux 1000 jours. J’en reviens à la fameuse question du début, pas tout à fait réglée. 1000 jours très bien, mais à partir de quand ? De la conception jusqu’à l’âge de 2 ans. 270 jours de grossesse + 2×365 jours (oh là là, et les années bissextiles alors ?!) = 1000 jours !

Agir lors de ces 1000 jours, c’est de la « programmation précoce ». Mais qui dit « programmation » dit « reprogrammation » toujours possible. Rien n’est jamais perdu !

La brochure des 1000 jours est disponible ici.

 

De janvier à juin : un vent de révolte à la maison

Longtemps. Je ne vous ai pas écrit depuis trop longtemps. Janvier, février, mars, avril, mai, début juin. 5 mois. Aujourd’hui, la tâche est ardue. Comment tout dire, résumer 5 mois en 500 mots ? S’ils sont toujours blonds, Voilabébé 1 et 2 ont grandi, ils ont changé. Notre vie a changé.

En 5 mois ? Oui. En 5 mois, la vie d’une famille bascule, celle d’un pays aussi. C’était en 1968, le vent de la révolte a soufflé, fort. Ca a duré 5 mois, de janvier à début juin. Je m’en vais vous raconter notre Mai-68 à nous, la famille Voila.

La vie d’un papa ressemble à celle d’un prof d’université. Sûr de mon autorité, je décline l’interro du soir : « tu es allé sur le pot ? », « et tes dents ? », etc. Et Voilabébé1 file au lit tandis que je dépose Voilabébé2 dans le sien, juste en face (Voilabébé2 n’est pas interrogé, il n’est qu’en première année…). Allongé sur le dos, emmitouflé dans sa turbulette, depuis 3 mois, le rituel se répète ; au geste près.

Un soir de mai, semblable à tous les autres soirs, le rituel terminé, je sors de la chambre, m’en vais dans le salon, retrouve Voilamaman, le calme. Un rire, un cri, des craquements. Je retourne dans leur chambre, ça s’emballe. Voilabébé2 s’agrippe aux barreaux, tente la position debout, le pied droit sur le matelas, le pied gauche sur une petite voiture que l’hurluberlu d’en face a envoyé dans le lit du petit frère. Ca hurle, ça saute, ce n’est plus une chambre en mai 2015 mais Nanterre en mai 1968, La Sorbonne, l’université de Rome occupée par les étudiants.

Le pied sur une petite voiture, Voilabébé2 s'agrippe aux barreaux du lit

Le pied sur une petite voiture, Voilabébé2 s’agrippe aux barreaux du lit

Je me mue en CRS, ma voix tonne. Ils hurlent de leurs voix qui ne sont pas prêtes de muer, elles. Je ne peux rien, ils n’ont pas peur, ils rigolent trop. S’ils savaient où le Vietnam se trouvait, je jurerais entendre « libérez le Vietnam ». S’ils savaient qu’au pluriel « parents » prend un « -s », j’aurais pu entendre « ParentS-SS »… Je l’ai échappé belle. C’est une révolte ? Non, une révolution. Je ne peux rien tenter.

Je ferme la porte et m’en vais (non sans les envier, ce doit être super marrant, mais je ne peux pas leur avouer). Je me retire en silence. Comme De Gaulle, parti 3 jours, personne ne savait où, au plus fort des événements de Mai-68. Les Français se sont lâchés et puis se sont interrogés. La réaction des Voilabébés fut identique. Les lancers de voitures ont continué, les sommiers ont encore craqué. 5 minutes, 10 minutes ; et plus rien. Un simple son, un seul, osé par l’aîné : « euh… papa ? » La méthode De Gaulle, ça marche !

Je suis revenu. De peur d’être incompris, je n’ai pas lancé le fameux « la chienlit : non » de De Gaulle et me suis contenté d’un « au lit : oui ». Rien n’a changé et tout a changé. Ils ont grandi.

Blond-ou-roux-mon-coeur-balance, potelé... Daniel Cohn-Bendit est de retour sur les barricades

Blond-ou-roux-mon-coeur-balance, potelé… Daniel Cohn-Bendit est de retour sur les barricades

Comment pourraient-ils comprendre ? #JeSuisCharlie

J’ai peur pour mes enfants. Des terroristes, non, nous n’en avons pas peur. Mais là, par exemple, je rentre de chez la nounou. C’est fou comme cela fait peur de rentrer de chez la nounou. Depuis 3 jours, j’ai doublement peur : je rentre de chez deux nounous, celle de Voilabébé et celle de Voilabébé2. La route, c’est dangereux. Mes fils ne le savent pas, n’en ont pas conscience. Voilabébé fonce à toute allure sur sa draisienne bois et rouge. Il s’amuse, accélère. Alors qu’il arrive au croisement, je l’intime de s’arrêter. Il croit que je souhaite simplement qu’il m’attende. Il ne s’imagine pas que j’ai peur, peur qu’il se fasse écraser. Non vraiment, la route c’est dangereux, elle me fait craindre pour mes enfants.

Nous arrivons à la maison. Enfin, le soulagement. Ici, pas de voiture. Je ne connais pas les statistiques mais le risque de mort doit être sacrément diminué à la maison. Un soulagement ? Pas ce soir. Mes fils ne le savent pas, ne peuvent pas en avoir conscience mais, l’attentat de Charlie Hebdo dans la tête, je suis triste ce soir. Je tente de n’en rien montrer. A 2 ans pour l’un et 3 mois pour l’autre, comment pourraient-ils comprendre ?

Caricatures et danger de mort Expliquer les attentats aux enfants

Et pourtant, tout à sa spontanéité habituelle, Voilabébé m’émeut. Il ne le sait pas, n’en a pas conscience mais il a une bonne idée. Une idée qui pourrait lui valoir de risquer davantage sa vie à la maison qu’en traversant la route ? Non, je ne peux l’imaginer. Alors je l’encourage, ce sera notre mini hommage à nous. Pour le bain, on verra plus tard. Ce soir, on a mieux à faire, Voilabébé veut faire un dessin… Nous n’avons pas peur.

La rencontre Voilabébé / Scarlett Johansson

Comme tous les soirs, il traîne encore 5 petites minutes dans la cuisine avant d’aller faire dodo. Déjà en pyjama ou en caleçon, il a froid aux pieds sur le carrelage de la cuisine. Comme tous les soirs, c’est la routine et ce n’est pas une mauvaise nouvelle. Fatigué, les cheveux en bataille, sa routine, ce garagiste de vingt-six ans y tient. Un film (Vicky Christina Barcelona, il est fan éternel de Scarlett Johansson), préparer la table du petit-déjeuner dans la cuisine (on en est là), et basta, au dodo. Mais ce soir, la routine résistera à tout sauf au coup de sonnette à venir. Ca, il ne le sait pas encore.

Coup de sonnette. Froid aux pieds mais pas aux yeux, il se dirige vers la porte d’entrée. Il ne se pose aucune question. Sûrement sa soeur ou le voisin de palier. Il ouvre. Elle est blonde. Cette femme au regard d’enfant, il l’a déjà vue quelque part. Il se souvient. Tous les soirs à la télévision. Cette femme, il en est fan. Il en rêve tellement qu’il n’aurait jamais rêvé la rencontrer. Et la rencontre est là, au pas de sa porte. Scarlett Johansson, la vraie, en vrai. C’est possible ça ? Non, bien sûr. D’ailleurs, ce n’est pas arrivé. C’est un livre, La première chose qu’on regarde de Grégoire Delacourt. C’est tout, juste un livre (dans le livre, notre garagiste ne regarde pas Vicky Christina Barcelona mais vous saisissez le concept). Dans la vie, Scarlett Johansson ne sonnera pas chez vous.

Scarlett Johansson

Et pourtant. Alors que Voilabébé jouait en pyjama avec son camion de pompiers, Scarlett Johansson s’est présentée chez les Voila. On sonne à la porte. Une voix masculine. Oui, je vous dois une précision. Ce n’était pas tout à fait Scarlett Johansson. L’idée à retenir ici est la suivante : sonnera chez vous la personne dont vous êtes réellement fan. Je suis par exemple bien plus Penelope Cruz que Scarlett Johansson. Quel intérêt dans ces conditions à entendre Scarlett Johansson à l’interphone ? Aucun. Penelope Cruz, là, ça devient intéressant. Un adolescent voudrait entendre Kev Adams sonner à la porte, un geek Steve Jobs et Voilabébé2 sa mère. Vous avez saisi le concept.

On sonne à la porte. Une voix masculine. Nous dégageons le loquet et à la vue de notre invité surprise, nous comprenons que Voilabébé ne s’en remettra pas de sitôt. Ce monsieur n’a pas le regard enfant mais une pile de calendriers dans la main droite. Voilabébé rêve éveillé. Un pompier !

A la maternité, les papas ne font pas rien. La preuve en 5 points

3 heures du matin le jour J. Nous déposons Voilabébé chez des amis et fonçons à la maternité. 3 heures du matin, c’est frustrant. Personne sur la route. Les quatre itinéraires que j’avais ressassés afin d’éviter les voies embouteillées ne me sont d’aucune utilité. Je ne sers à rien. Chez les amis, Voilabébé refuse de dormir. On lui explique que maman s’est est allée à la maternité, qu’elle va travailler, pousser et mettre au monde un bébé. Voilabébé acquiesce et se contente de répondre par une question : « et papa, il fait quoi papa ? »

Question fatale, la seule qu’on n’ose jamais prononcer. Il a osé. Il fait quoi papa ? Euh, très franchement, il ne sert à rien, comme ses itinéraires bis.

Rien ?

Voyez plutôt ce que papa fait à la maternité et qu’il n’osera jamais vous dire :

1. La preuve que papa fait quelque chose

Papa n’ose pas poser de question à la sage-femme. Il voudrait bien lui demander ce qui signifie concrètement une échelle de douleur de 1 à 10 qui ne repose sur aucun critère précis. Jetant un œil vers maman en train de grimper à vitesse grand V sur ladite échelle, il renonce. Et se rabat sur une question plus consensuelle et demande s’il est normal que le sommet de la courbe des contractions sorte du graphe. En voilà une question intéressante. La réponse fuse : « tous les papas nous la posent cette question ». Si je fais comme tous les papas, c’est bien la preuve que je ne fais pas rien.

2. La preuve qu’être papa à la maternité, c’est exténuant

Papa retourne fréquemment à la voiture. C’est parfois justifié, parfois souvent non. Et à chaque fois, il doit se débarrasser de sa blouse et des sur-chaussures. Et les renfiler à son retour. Se changer quinze fois en l’espace de douze heures, c’est bien la preuve qu’être papa à la maternité, c’est exténuant.

3. La preuve que papa souffre aussi à la maternité

Disposant de 20 minutes à peine pour déjeuner, il attrape des contractions à l’estomac. A son retour, il entend dire à chaque couloir que les contractions, c’est terriblement douloureux. C’est bien la preuve que papa souffre aussi à la maternité.

4. La preuve que papa est utile au personnel médical

Papa remonte quinze fois de la voiture, nous en avons parlé. Chaque fois, il sonne à l’interphone : « c’est monsieur Voila, ma femme est en salle de pré-travail ». « C’est monsieur Voila, ma femme est en salle de travail ». « C’est monsieur Voila, ma femme est en salle d’accouchement ». La sage-femme peut ainsi suivre l’évolution de l’accouchement. Preuve que papa est utile au personnel médical.

5. La preuve que décidément papa ne fait pas rien

A force de ne rien faire, il prend le temps de réfléchir. Et tire des conclusions. Une surtout. Les femmes sont extraordinairement courageuses. Aujourd’hui, une surtout.

Ecrit en direct live depuis le petit banc d’une grande maternité lyonnaise. Le banc des papas.